L'accès au crédit
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1. Une solution pour rompre ce cercle vicieux : le warrantage Pour rompre le cercle vicieux qui maintient les rendements à des niveaux bas et incompatibles avec l'auto-subsistance alimentaire, il fallait trouver un mécanisme qui liait le crédit à une bonne commercialisation des produits agricoles : le warrantage, technique de crédit souple sur base du dépôt de produits agricoles en garantie, a été introduite au Niger par le Projet Intrants en janvier 1999.
Le mécanisme de crédit warranté, ou warrantage, permet :
1. d’auto-garantir le crédit ; 2. de postposer la vente et donc de profiter de l’augmentation de prix des produits agricoles ; 3. d’acquérir des intrants sans altérer le maigre budget du ménage ; 4. de valoriser l’utilisation des intrants ; 5. de créer une demande groupée, solvable et prévisible en intrants.
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2. Qu'est-ce que le warrantage ? Le warrantage (appelé 'inventory credit' en anglais) est une technique de crédit qui consiste à obtenir un prêt en mettant en garantie un produit (agricole) susceptible d’augmenter de valeur.
Le mécanisme se déroule comme suit : dès la récolte (en novembre pour les cultures pluviales), au moment où les marchés sont inondés et les prix des produits au plus bas, les OP mettent en garantie une partie de leur production dans un magasin sain et sûr au lieu d’aller la brader au marché. Le stock est d’abord contrôlé par le banquier de la place (généralement une Institution de micro-finance ou IMF) qui vérifie qualité et quantité de la marchandise. Ce stock est ensuite sécurisé dans un magasin fermé par 2 cadenas : un pour l’OP et l’autre pour la banque de manière à ce qu’aucune des deux parties ne puissent retirer le stock sans la présence de l’autre. Le crédit accordé correspond à 80% de la valeur au plus bas du stock.
Ce crédit est généralement utilisé pour exécuter une activité génératrice de revenu (embouche, maraîchage, riziculture, transformation, commercialisation …).
Quatre à six mois plus tard, le crédit peut être remboursé grâce aux bénéfices de l’activité génératrice de revenu. La banque libère alors le stock mis en garantie qui a, entre-temps, augmenté de valeur. Les producteurs gagnent donc sur les deux tableaux et l’expérience au Niger montre qu’en moyenne la valeur des stocks mis en garantie progresse de 30 à 40 % (variable selon les produits mais aussi d’une année à l’autre).
Le warrantage orthodoxe fait appel à un entreposeur agréé par la banque. Cet entreposeur garde les stocks des OP et délivre un certificat de dépôt qui vaut billet à ordre (le «warrant »). Ce certificat de dépôt est gardé par la banque lors de la demande de crédit et est rendu à l’OP lors du remboursement du crédit. Le producteur peut alors le « vendre » à un commerçant. Seul le détenteur du certificat peut retirer le stock. Sa valeur varie donc en fonction du prix du produit qu’il représente. Ce système n’est pas encore appliqué au Niger.
Pour en savoir plus sur le warrantage au Niger et en Afrique (Ghana, Sénégal, Madagascar), consultez les documents techniques, les plaquettes de vulgarisation et le module de formation sur le warrantage.
Si vous disposez d'une connexion internet haut débit (type ISDN, LAN, ADSL ou VSat), vous pouvez également visionner le film documentaire réalisé par le projet sur le warrantage au Niger à l'adresse suivante (moyennant l'installation du logiciel gratuit RealPlayer - lien de téléchargement à la même adresse) :
http://www.ruralfinance.org/id/46836?language=fr
Vous pouvez aussi visionner (en anglais) le
film documentaire réalisé conjointement par l'ICRISAT et le Projet
Intrants sur la microdose et le warrantage :
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3. Le bilan du warrantage Cette technique a été largement diffusée au niveau des SFD (Systèmes Financiers Décentralisés) et permet de sortir du cercle vicieux ci-dessus en liant une bonne commercialisation à l’utilisation d’intrants. Entre 1999 (introduction de la technique de warrantage au Niger) et 2005, près de 1 milliard de CFA de crédits warrantés ont été octroyés.
De 1999 à 2006, on peut conclure à :
Le manque de liquidités est responsable pour 50% des montants non accordés.
La participation des banques commerciales débute mais ne se développera qu’en présence de véritables réseaux de SFD professionnels au Niger.
De 2002 à 2007, un vaste programme d’appui au secteur financier rural (PDSFR, FIDA) a appuié le Projet Intrants à assurer des formations, notamment des IMF, et à améliorer la technique du warrantage au Niger.
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