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La Stratégie nationale d'approvisionnement en Intrants pour une Agriculture Durable (SIAD) 


1. Le contexte politique et stratégique national et régional

Le gouvernement du Niger a adopté en janvier 2002 le document de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (SRP) ; puis en novembre 2003 le document de la Stratégie de Développement Rural (SDR). La SDR permet de préciser les orientations définies par la SRP pour le secteur rural et constitue l’unique cadre de référence en matière de politique économique et sociale dans ce secteur. L’objectif général assigné à la SDR est directement relié à l’objectif global de la SRP: il s’agit de réduire l’incidence de la pauvreté rurale de 66% actuellement à 52% à l’horizon 2015.

 

En plus de la SRP et de la SDR, le Niger a également adopté d’autres orientations stratégiques telles que la Décentralisation et le Plan d’Action National sur la Fertilité des Sols et la Collecte des Eaux de Ruissellement (PANFS/CER).

 

Au niveau sous-régional, la CEDEAO propose de mettre en place une stratégie de promotion des engrais, dont l’objectif général est de résoudre les principales contraintes du marché des engrais en Afrique de l’Ouest en vue d’accroître durablement la productivité agricole. Cette stratégie régionale est basée sur 3 piliers : i) l’amélioration de l’environnement des affaires pour le marché des engrais, ii) la stimulation de la demande solvable en engrais et iii) la stimulation de l’offre d’engrais.

 

La Stratégie régionale de promotion des engrais pour l'Afrique de l'Ouest (PDF, 352Ko), proposée par la CEDEAO, a été présentée au Sommet Africain sur les Engrais tenu à Abuja (Nigeria) du 09 au 13 juin 2006. Bien entendu, son succès dépendra fortement de l’engagement et de l’implication effective des Etats membres, ainsi que du secteur privé.

 

La résolution principale retenue à l'issue de ce sommet tient dans le fait que l’engrais, aussi bien organique que minéral, est reconnu comme « produit stratégique sans frontières ». A ce titre, l’engrais doit bénéficier de traitements fiscaux particuliers et pouvoir circuler librement. Parmi les principales dispositions préconisées, il faut retenir que dans l’immédiat des subventions adéquates doivent être accordées en faveur des agriculteurs.

 

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2. La problématique de l’approvisionnement, distribution et utilisation en intrants agricoles, zootechniques et vétérinaires au Niger

La situation du secteur rural nigérien reste préoccupante avec de nombreux défis à relever, tels que ceux liés à l’approvisionnement, à la distribution et à l’utilisation des intrants agricoles, zootechniques et vétérinaires :

  • non disponibilité des intrants en temps opportun et en tout lieu ;

  • faiblesse des moyens financiers des importateurs privés ;

  • insuffisance de financement des producteurs pour l’achat des intrants ;

  • faiblesse des moyens de l’Etat pour appuyer l’accès des producteurs aux intrants.

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3. Le déroulement du processus d'élaboration de la SIAD

Dans sa recherche de solutions aux nombreuses contraintes rencontrées par les producteurs, notre projet a introduit et/ou développé plusieurs innovations en matière d’approvisionnement, de distribution et d’utilisation des intrants. Il est apparu alors opportun de capitaliser et de valoriser ces acquis à travers l’élaboration d’une Stratégie décentralisée et partenariale d’approvisionnement en Intrants pour une Agriculture Durable (SIAD).

En s’inspirant de la démarche ayant conduit à l’élaboration des SRP et SDR, les autorités du Ministère du Développement Agricole (MDA) ont adopté une approche participative pour la conduite du processus d’élaboration de la stratégie partenariale et décentralisée en matière d’approvisionnement en intrants pour une agriculture durable (SIAD). La mise en œuvre du processus a été confiée au Projet Intrants avec l’appui technique deux consultants FAO.

 

L’ensemble des acteurs de la filière des intrants agricoles, zootechniques et vétérinaires (Organisations de Producteurs, Chambres d’Agriculture, Fournisseurs, Services Techniques et Projets, Systèmes Financiers, Systèmes d’information, Partenaires au Développement….) ont ainsi été associés à toutes les étapes du processus qui se sont succédées :

  1. Les 2 et 3 Mars 2005 : Atelier national de lancement de la SIAD ;

  2. Mars à Septembre 05: Capitalisation des acquis et réalisation de deux études complémentaires sur les intrants zootechniques et vétérinaires et sur le cadre réglementaire ;

  3. Avril - Mai 05 : Réalisation d’un diagnostic participatif (MARP) au niveau de 15 sites représentatifs des agro-systèmes du Niger ;

  4. Décembre 05 à Avril 06: Organisation de 3 Ateliers régionaux précédés de 3 réunions préparatoires à Dosso, Tahoua et Zinder ;

  5. Mai 06: Rédaction de la synthèse générale des ateliers régionaux (PDF, 42Ko);

  6. Mai à mi-juillet 06: Rédaction du document de travail sur la SIAD ;

  7. Les 26 et 27 juillet 06 : Atelier National de validation du document de travail de la SIAD ;

  8. Août-Septembre 06 : Finalisation du document de la SIAD confiée à un comité de lecture (PDF, 207Ko).

Cérémonie d'ouverture officielle de l'atelier national de validation de la SIAD (26-27/07/2006), avec pas moins de 6 ministres du gouvernement :

de gauche à droite :

M. Michele Falavigna, Représentant résident du PNUD au Niger, Représentant a.i. de la FAO au Niger ;

M. Abdou Daouda, Ministre de la Formation Professionnelle et Technique, Chargé de l'Emploi des Jeunes ;

M. Maty Elhadj Moussa, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux ;

M. Labo Moussa, Ministre du Développement Agricole ;

M. Mahaman Moussa, Ministre de l'Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire ;

M. Mohamed Ben Omar, Ministre Chargé des Relations avec les Institutions, Porte-Parole du Gouvernement ;

M. Oumarou Hadary, Ministre de la Culture, des Arts et de la Communication.

 

A tous les niveaux, le caractère consensuel et participatif du processus d'élaboration de cette SIAD a été souligné comme une réussite et un exemple à suivre.

 

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4. Les objectifs de la SIAD

L’objectif général de la SIAD est de contribuer à l’intensification des productions agrosylvopastorales, en favorisant l’accès et l’utilisation des intrants agricoles, zootechniques et vétérinaires de qualité et à un coût compétitif par les producteurs. Trois objectifs spécifiques sont visés à travers cette stratégie :

 

OS 1 : Assurer un accès régulier des producteurs à des intrants de qualité et à un coût compétitif ;

OS 2 : Créer un cadre juridique réglementaire en vue d’assurer les fonctions de contrôle et de suivi de la production, de la commercialisation et de l'utilisation des intrants agricoles, zootechniques et vétérinaires ;

OS 3 : Renforcer les capacités des organisations des producteurs.

 

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5. Le cadre institutionnel de mise en oeuvre de la SIAD

Le cadre institutionnel de la SIAD sera celui du programme ou sous/programme de la SDR dans lequel elle s’intègre. Selon ce dispositif la maîtrise d’ouvrage du programme relèvera d’un Ministère technique et la maîtrise d’œuvre d’un objectif spécifique relèvera de l’institution la plus directement impliquée; un cadre de concertation est prévu pour la mise en œuvre et l’animation de l’action.

 

Il est ainsi proposé :

  • qu’une administration de mission (Projet faisant suite au Projet Intrants) assurera la gestion de la SIAD sous la supervision du coordinateur du sous-programme 3.1 de la SDR et plus précisément du maître d’œuvre de l’objectif spécifique SIAD.

  • qu’un comité paritaire de concertation réunissant les ministères concernés, les représentants des collectivités décentralisées, des producteurs, des opérateurs économiques, et des partenaires au développement traite des grandes questions de portée nationale;

  • que des comités paritaires régionaux de concertation, qui accorderont une large place aux OP, aux privés et aux Chambres régionales d’Agriculture, traitent des questions de portée régionale.

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6. Le mécanisme de suivi-évaluation

L’objectif du suivi et évaluation de la SIAD sera de fournir des informations pertinentes, en temps utile et fiables. Le dispositif de suivi reposera sur les structures des OP, les services déconcentrés et centraux, les fournisseurs et les autres partenaires (IMF, Recherche, PTF…).

 

La conception et la mise en œuvre du S/E de la SIAD s’appuieront sur les principes suivants :

  • basé sur le cadre logique de la SIAD et portant une attention particulière aux questions transversales de genre et d’environnement,

  • intégré aux systèmes de S&E de la SDR et de la SRP,

  • pourvu en moyens ; ressources humaines, équipements, outils et méthodes en rapport avec le contexte pour en garantir la durabilité.

Le processus de suivi- évaluation se déroulera suivant quatre étapes principales :

  • la collecte des données,

  • le traitement de ces données,

  • l’analyse et l’interprétation (Ratios, graphiques, cartes, etc.),

  • la validation, la mise en forme et la diffusion des informations pour leur utilisation dans la prise de décision.

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7. Les mécanismes de financement

Le financement de la SIAD fera appel :

  • à la contribution de l’Etat : mise en place des fonds filières, allégements fiscaux et exonération de taxes ;

  • aux opérateurs privés : remises sur commandes, crédit fournisseur ;

  • aux OP : contributions financières et/ou matérielles pour la construction d’infrastructures, l’auto-évaluation… ;

  • aux partenaires techniques et financiers : financement de la mise en œuvre de la SIAD en fonction des centres d’intérêt.

Les partenaires techniques et financiers qui soutiennent la mise en œuvre de la SDR seront sollicités. Le gouvernement mènera une offensive diplomatique en vue de la concrétisation des manifestations d’intérêt enregistrées au cours de la phase d’élaboration de la SIAD et pour diversifier les sources de financement. Les modalités de gestion des financements seront conformes aux procédures de chaque bailleur de fonds.

 

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8. Le rôle des acteurs

Les organisations des producteurs, les partenaires au développement, (ONG et projets), les services techniques de l’Etat, les institutions financières (IMF, SFD) sont les intervenants et partenaires de la SIAD. Le succès de la SIAD est donc lié à la volonté des différents acteurs d’asseoir un cadre de concertation dynamique. Le succès de la SIAD dépend aussi d’une vision claire des autorités concernant le rôle et la place de chacun des acteurs.

 

Ainsi, la mise en œuvre de la SIAD reposera- t-elle sur : i) le dynamisme et la volonté des Unions / Fédérations / Groupements de producteurs, des commerçants, et des autres acteurs des filières et leur capacité à partager leurs visions et leurs intérêts ; ii) la capacité des institutions publiques et privées d’encadrement à mobiliser les acteurs à la base; iii) la concertation large et démocratique de tous les acteurs.

 

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9. Le budget de mise en oeuvre de la SIAD

Pour la période 2007-2011, le budget de la SIAD a été estimé à environ dix milliards de francs CFA (20 millions USD) répartis comme suit :

 

Budget de la SIAD pour la période 2007-2011

Objectifs spécifiques

 Libellé

 FCFA

 USD

OS 1

Assurer un accès régulier des producteurs à des intrants de qualité et à un coût compétitif

7 717 400 000

14 841 153

OS 2

Créer un cadre juridique réglementaire en vue d’assurer les fonctions de contrôle et de suivi de la production, de la commercialisation et de l'utilisation des intrants agricoles, zootechniques et vétérinaires

115 000 000

221 154

OS 3

Renforcer les capacités des organisations des producteurs

2 133 160 000

4 102 231

TOTAL GENERAL

 9 965 560 000

19 164 538

 

Pour en savoir plus sur le processus d'élaboration de la SIAD et les résultats atteints, consultez les documents techniques et rapports d'ateliers.


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