Le concept "Champ-Ecole-Paysan"
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Le concept CEP au Niger Dans le cadre de ses activités de vulgarisation agricole, le Projet Intrants FAO met en œuvre depuis 2004 un vaste programme novateur basé sur le concept de Champs-Ecoles-Paysans (CEP). Le terme « Champ Ecole Paysan » ou « Champ Ecole des Producteurs » (CEP) en anglais «Farmers’ Field School» (FFS) vient du mot indonésien «Sekolah Lapangan» qui signifie « école champ ». Les premiers champs écoles ont été établis dans les années 1989 dans le Java Central en Indonésie pour tester et développer la gestion intégrée de production et des déprédateurs de la culture riz principalement avec l’assistance des projets de développement rural de la FAO, s’appuyant sur la méthodologie de l’éducation non formelle (ENF) des adultes. Cette approche est guidée par de nombreux constats à savoir:
Le Champ-Ecole-Paysan s’organise donc autour d’un groupe structuré composé de 20 à 30 stagiaires (paysans, agriculteurs ou producteurs), qui se rencontrent régulièrement (min 1x/sem.) au cours d’une saison culturale (cycle) dans leur propre champ (terrain d’apprentissage), pour apprendre à résoudre les problèmes relatifs à la gestion de leur milieu et leurs exploitations, suivant un programme préalablement élaboré par eux mêmes, avec l’accompagnement d’un facilitateur (ou animateur) utilisant des outils et méthodes d’éducation non formelle des adultes. Au niveau pédagogique, le concept de CEP introduit la notion fondamentale de « participation », d’ « implication » des stagiaires paysans. En reléguant au passé les démonstrations dirigistes de la recherche agronomique et l’approche « top-down » de la vulgarisation agricole, le CEP incite le producteur à s’investir dans le protocole mis en place, le force à observer, à raisonner et lui apprend à être capable d’imaginer des solutions de manière autonome. En Afrique, où le dogmatisme est omniprésent, il s’agit d’apprendre au producteur à avoir une indépendance d’opinion basée sur le raisonnement, l’observation et la comparaison. On apprend au producteur à raisonner en libre arbitre.
L’ introduction du concept CEP en Afrique de l’Est (Zanzibar, Tanzanie, Kenya, Uganda) et de l’Ouest (Ghana, Sénégal, Bénin) date des années 1996 – 1997 à partir des problèmes rencontrés sur diverses cultures, notamment le maïs, le niébé, le haricot, le bananier, les cultures maraîchères,…. En R. D. du Congo, les champs écoles ont démarré en 2002, avec l’appui de la FAO. Au Niger, c’est encore la FAO, en l’occurrence le Projet Intrants, qui a développé le concept CEP. La mise en œuvre des premiers Champs Ecoles Paysans avait commencé de manière pilote et isolée en 2004 au sein du projet PDRA (Aguié). Le Projet Intrants a dynamisé l'approche et mis en place trente-deux (32) CEP dès 2005. En 2006, avec l’appui de plusieurs partenaires séduits par le concept (PDRI Lux-Dév, OSRO UE, Coop. Belge PAD, etc), le Projet Intrants FAO met en œuvre soixante-dix (70) CEP sur les régions de Tillabéri, Dosso, Maradi, Zinder, Tahoua et Diffa, en mettant un accent particulier sur les liens étroits entre la production agricole, les activités génératrices de revenu (AGR), le warrantage et les boutiques d’intrants afin de combiner les effets positifs de ces divers outils de lutte contre l’insécurité alimentaire. D'abord focalisés sur les spéculations agricoles hivernales (mil, arachide, niébé,..) avec pour thème principal la gestion intégrée de la fertilité des sols, les CEP se sont aujourd'hui élargis et concernent des cultures de rentes comme le souchet, le riz, le maraîchage, etc. Ce programme rassemble 1.219 stagiaires dont 416 femmes (34%). La proportion de femmes est très variable, certains CEP sont d’ailleurs exclusivement féminins.
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